Top 20 des meilleurs films d’horreur de 2017

En cette fin d’année 2017, j’avais envie de réaliser un palmarès des films d’horreur (ou ce qui s’apparente à de l’horreur) m’ayant positivement marqué au courant de la dernière année. À l’instar de l’an passé, plusieurs titres pourraient aisément se trouver dans la position supérieure ou inférieure du classement et c’est particulièrement le cas pour le top trois. Auparavant, je me suis souvent limitée à un top 10, notamment par peur de passer pour une personne excessive qui ne fait qu’écouter des films (quand même un peu vrai lol pas lol) ou simplement parce que la majorité des gens font des top 10. Mais là, considérant la richesse cinématographique de 2017 et le fait qu’honnêtement, je m’en fou pas mal que tu penses que je suis démesurée, j’ai décidé de faire un top 20. Après le top 20, tu verras quelques mentions honorables ainsi que mes nombreuses déceptions. À noter que je n’ai pas encore visionné The Killing of a Sacred Deer, Hounds of Love et The Shape of Water. Si t’as envie, tu peux m’écrire c’est quoi ton top 5, 10, 20 ou 100. Bonne lecture et bonne année 2018!

20. Thelma (Joachim Trier)

thelmaThelma est une oeuvre qui possède de nombreuses similitudes avec Carrie mais aussi avec Grave, dans une certaine mesure. Une oeuvre poétique, sombre, dénuée de tout romantisme et d’humour, d’une froideur norvégienne saisissante. Malheureusement, Thelma est aussi une oeuvre parfois prétentieuse avec une finale assez faible, d’où sa position dans mon classement.

19. Happy Hunting (Louie Gibson et Joe Dietsch)

happyhuntingHappy Hunting n’invente  rien, il surfe sur des thèmes et des méthodes vus à maintes reprises au cinéma. Toutefois, n’allez pas croire qu’il ne vaut pas le 1h30 de visionnement, car il le vaut amplement. Happy Hunting est essoufflant, cinglant et hyper efficace.

18. Dave Made a Maze (Bill Watterson)

dave made a mazeUn film divertissant, imaginatif, créatif et tellement surprenant. Dave Made a Maze n’est pas parfait, loin de là, mais son visionnement a fait du bien à mon âme de cinéphile. Une belle découverte.

17. The Girl with All the Gifts (Colm McCarthy)

thegirlwithallthegiftsJe ne suis pas la plus grande fan de films de zombies, mais dans The Girl with All the Gifts, ces derniers sont brillamment mis de l’avant . Un long métrage qui traite de zombies avec une grande finesse et une belle sensibilité.

16. Colossal (Nacho Vigalondo)

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Je répète souvent que l’horreur n’a pas qu’un seul et unique visage, c’est d’ailleurs ce qui en fait sa grande beauté. Colossal, ce n’est pas un film d’horreur typique mais tant qu’à moi, il en demeure tout de même un. Colossal est effrayant car on y trouve de multiples représentations de ce qu’est le sexisme, le paternalisme, la culture du viol, etc. Ouais, un film réellement épeurant.

15. A Cure for Wellness (Gore Verbinski)

acureforA Cure for Wellness a été boudé par plusieurs fans de cinéma horrifique, chose que je ne comprends pas, considérant que c’est un bon film particulièrement malsain et sombre. A Cure for Wellness possède une photographie carrément féerique, tout en abordant des sujets très lugubres, notamment le viol, l’inceste et la vieillesse en institut. Certes, A Cure for Wellness possède certaines lacunes mais je persiste à croire qu’il ne mérite aucunement d’être ignoré.

14. Prevenge (Alice Lowe)

prevengePrevenge est une film féministe, teinté d’un humour noir, touchant et absolument décalé. On peut voir dans Prevenge une certaine dénonciation de comment la société traite et perçoit les personnes enceintes, comment celles-ci sont souvent isolées, discriminées, etc.

13. El Bar (Álex de la Iglesia)

ElbarÀ la base, j’aime beaucoup Álex de la Iglesia, je trouve qu’il mélange avec brio plusieurs genres et c’est une fois de plus le cas avec El Bar qui mélange comédie, thriller et horreur. El Bar traite habilement des thèmes de la paranoïa en situation de huis clos ainsi que de la nature humaine profondément égoïste.

12. The Devil’s Candy (Sean Byrne)

thedevilscandyMême si je crois que le second long métrage de Byrne n’arrive pas à la cheville de son premier (The Loved Ones), il n’en demeure pas moins une excellente surprise. The Devil’s Candy baigne dans une atmosphère de mysticisme et de folie artistique rendant le film tout à fait fascinant et agréable à visionner.

11. La Región Salvaje (Amat Escalante)

La Región SalvajeUn long métrage qui traite de manière très originale d’homophobie internalisée, de violence conjugale, de culture du viol et de masculinité toxique. La Región Salvaje, à mon avis, est une vive critique du Mexique actuel mais aussi une critique sociale globale. Une oeuvre déstabilisante.

10. Better Watch Out (Chris Peckover)

betterwatchoutSous des faux airs de légèreté et d’humour, Better Watch Out est extrêmement glauque et malsain. Un film avec d’étonnantes tournures (si tu t’abstiens de visionner la bande-annonce) qui à divers égards, rappelle Funny Games.

9. Gerald’s Game (Mike Flanagan)

Image associéeDans Gerald’s Game, les monstres sont plus souvent humains que surnaturels; ils ont le visage d’un père ou encore d’un mari. Un film stressant, bien réalisé et bénéficiant d’une actrice principale absolument fantastique.

8. Most Beautiful Island (Ana Asensio)

MostbeautifulislandSi Most Beautiful Island est autant efficace et lourd, je crois que c’est parce que la réalisatrice a intégré au film certaines de ses réelles angoisses de l’époque où elle fut elle-même une immigrante aux États-Unis. Un film qui fait mal, tellement il semble vrai.

7. The Blackcoat’s Daugther (Oz Perkins)

blackcoatsdaughterJe dois admettre que j’étais un peu craintive de visionner The Blackcoat’s Daugther. En effet, j’avais relativement apprécié le premier film du réalisateur (I Am the Pretty Thing That Lives in the House) mais ce dernier m’avait laissé un léger goût amer. Quelle fut ma surprise pour cette seconde réalisation. Une ambiance glaciale, une brutalité toute en subtilité, une belle déconstruction de la temporalité ainsi que des actrices superbes. Certes, le film est lent, quasi austère et demande un certain degré de concentration mais il en vaut définitivement le coup.

6. It Comes at Night (Trey Edward Shults)

itcomesatIt Comes At Night, c’est le genre de film que t’écoutes une seule fois tellement il est pesant. Une fois de plus, on se trouve face à un film qui a pour objectif de livrer un message, un film qui veut dénoncer. Ici, les thématiques de l’isolement, de la peur de l’autre, de la paranoïa collective et de l’inconnu sont traitées avec intelligence et dureté. Un film troublant.

5. Córki dancingu (Agnieszka Smoczyńska)

thelureThe Lure, de son titre anglais, est une comédie musicale horrifique polonaise. Oui, t’as bien lu. Évidemment, le film se veut être une relecture du célèbre conte de la petite sirène d’Andersen. Mais The Lure, c’est aussi une brillante métaphore de la réalité de plusieurs femmes de l’Europe de l’Est qui veulent immigrer aux États-Unis. C’est un film à la fois audacieux, déroutant et complètement jouissif.

4. Personal Shopper (Olivier Assayas)

personnalshopperIl émane de ce long métrage un espèce de halo hypnotique. J’ignore pourquoi, mais tout au long de mon visionnement, j’étais quasi envoûtée. Personal Shopper est profondément ancré dans la réalité sociétale actuelle, une société où nous sommes sans cesse distraits et sur-stimulés par le monde extérieur mais où nous peinons à nous connecter aux autres ainsi qu’à nous-même, ce qui par le fait même, nous rend inaptes à saisir les « signes » qui nous sont destinés.

3. Get Out  (Jordan Peele)

getoutGet Out est, selon moi, le film le plus terrifiant de ce top 20. Dans Get Out, la menace n’est pas un monstre ni un esprit diabolique, elle est beaucoup plus réelle; c’est le racisme. Get Out critique intelligemment la société américaine actuelle et toute sa haine purulente. Le racisme dans Get Out ne porte pas de cagoule blanche, il est systémique, il est quotidien, il est sournois, il se trouve dans des idées préconçues, des micro agressions, des « blagues », etc. Get Out est un film nécessaire et effroyable.

2. mother! (Darren Aronofsky)

mother!mother!, ou l’Ancien Testament selon Aronofsky est je crois, le film le plus mitigé de 2017. Les gens l’ont détesté ou adoré; aucune nuance. Je vous laisse deviner dans quelle catégorie je me situe. mother!, c’est le genre de film qui stimule toutes tes neurones, qui te fait vivre une réelle expérience, qui t’emprisonne dans un environnement anxiogène mais jouissif et qui te hante encore longtemps après son visionnement tellement il est puissant.

1. Grave (Julia Ducournau)

RAWGrave est, quant à moi, l’oeuvre ultime de 2017. Au-delà du gore particulièrement réussi et perturbant, Grave est une oeuvre profondément féministe qui traite de manière très juste de l’identité de la femme, notamment lors du passage de l’adolescence à la vie adulte. Une oeuvre viscérale (qui m’a un peu fait penser à In My Skin de Marina de Van), riche, audacieuse et aboutie.

 

Mentions honorables

The Love Witch (Anna Biller)

Always Shine (Sophia Takal)

Annabelle: Creation (David F. Sandberg)

Creepy (Kiyoshi Kurosawa)

 

Déceptions

1922 (Zak Hilditch)

IT (Andrés Muschietti)

Leatherface (Julien Maury et Alexandre Bustillo)

Little Evil (Eli Craig)

Mayhem (Joe Lynch)

Berlin Syndrome (Cate Shortland)

Belko Experiment (Greg McLean)

Split (M. Night Shyamalan)

 

P.-S. Merci à mon ami Marc-Antoine qui m’a fait découvrir trois titres qui se trouvent dans mon top 20!

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Top 10 des meilleurs films d’horreur de 2016

L’année 2016 a été très forte et intéressante en terme de cinéma horrifique. C’est pourquoi, la réalisation d’un top 10 s’avère être un exercice particulièrement difficile. À noter que j’ai mis des positions pour la forme mais que celles-ci sont aisément interchangeables. Les 10 films sont tous remarquables et ma classification repose sur mon état d’esprit actuel et des détails très précis, rendant mon classement très fluide.

Top 10 

1- The Eyes of My Mother (Nicolas Pesce)

Clairement le film le plus doux, le plus beau visuellement, le plus mélancolique et le plus cruel de l’année. J’ai encore mal lorsque j’y pense.

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2- The Wailing (Hong-jin Na)

The Wailing pourrait facilement se trouver en première position mais pour des raisons purement émotives, j’ai décidé de laisser The Eyes of my Mother à cette position. The Wailing est une oeuvre excessive, épuisante et d’une hétérogénéité qui peut être déroutante pour les personnes non familières avec certains types de films asiatiques. Mais The Wailing est aussi d’une beauté et d’une intelligence fracassante, toute en subtilité.

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3- Train to Busan (Sang-ho Yeon)

Train to Busan est le film le plus divertissant de cette liste et tout simplement le meilleur film de zombies depuis plusieurs années.

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4- The Witch (Robert Eggers)

Pour son atmosphère inconfortable, son esthétique sublime, son symbolisme et son ingéniosité; ce film mérite amplement de se trouver dans mon top 10.

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5- Under The Shadow (Babak Anvari)

Une oeuvre intelligente, féministe et très ancrée dans l’actualité. À voir, absolument.

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6- Don’t Breathe ( Fede Alvarez) 

Don’t Breathe est un film bien ficelé, stressant et d’une très grande efficacité. On a déjà hâte à la suite.

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7- The Autopsy of Jane Doe (André Øvredal)

De par son aura de mystère, sa froideur et son visuel ultra dérangeant; The Autopsy of Jane Doe est le film m’ayant le plus effrayé cette année, rien de moins.

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8- Green Room (Jeremy Saulnier)

Un film raffraichissant, violent et très réfléchi qui expose une réalité encore bien d’actualité, malheureusement.

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9- The Neon Demon (Nicolas Winding Refn) 

L’esthétique du film est à couper le souffle (un peu à la Argento) et la thématique bien qu’assez classique, est ammenée d’une manière originale et cauchemardesque.

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10- Hush (Mike Flanagan)

Hush est une oeuvre sobre, tendue et oppressive, notamment par la quasi absence de musique tout au long du film et par la surdité de la protagoniste. Certes, le film peut sembler simple (trop) pour certaines personnes mais je crois qu’il vaut tout de même la peine d’être visionné.

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Mentions honorables

The Conjuring 2 (James Wan)

I Am the Pretty Thing That Lives in the House (Osgood Perkins)

 

Déceptions

Blair Witch (Adam Wingard)

Lights out (David F. Sandberg)

31 (Rob Zombie)

The boy (William Brent Bell)

 

Ceux que je compte visionner prochainnement

We Are the Flesh (Emiliano Rocha Minter)

Ouija: Origin of Evil (Mike Flanagan)

The Girl with All the Gifts (Colm McCarthy)

The Love Witch ( Anna Biller)

Before I Wake (Mike Flanagan)

The Invitation (Karyn Kusama)

 

Mon souhait pour 2017

Comme vous l’avez peut-être remarqué, ou pas, tous les films de mon top 10 sont réalisés par des hommes. Mon souhait pour 2017 est donc de voir plus d’oeuvres horrifiques réalisées par des femmes; je serais vraiment heureuse.

 

Et toi, c’est quoi ton top 10 pour 2016 ?

 

Emma

 

 

Je voulais devenir paléontologue

Fouille-moi pourquoi, mais ce matin, je me suis mise à penser aux nombreuses fois où des gens ont vainement tenté de me démotiver par rapport à mon futur. Je dois admettre que ça m’a fait un choc de me remémorer que la majorité d’entres eux étaient des adultes.

De 4 ans à peut-être 10 ans, je voulais devenir archéologue, égyptologue, paléontologue ou océanographe: tu vois le genre un peu? Et là, je me suis rappeler plusieurs commentaires venant d’adultes, des commentaires ayant tout le potentiel pour décrisser les rêves de la petite fille que j’étais. Je me suis fait dire au moins 100 fois que c’était stupide comme ambition, que ça ne me mènerait à rien, que ce n’était pas réaliste, etc. On va s’entendre sur quelque chose, j’ai 23 ans et là, je suis consciente que c’était peut-être irréaliste de vouloir devenir océanographe quand j’ai peur de l’eau profonde. Mais sérieusement, ça vous servait à quoi de péter ma bulle de petite fille?

À l’adolescence, je voulais toujours devenir archéologue ou encore, historienne. Je ne peux même pas calculer le nombre de fois qu’un adulte m’a répondu: «Ouais mais tu va rien faire avec ça. Y’a pas de jobs pour ça.» À 23 ans, je suis encore une fois consciente qu’il ne pleut pas des emplois dans ce domaine mais ça vous a servi à quoi d’essayer de briser mes ambitions? Dude, j’avais 14 ans, j’étais heureuse de mon projet d’avenir et toi, tu me dis que ça va me servir à rien? Simonac.

Un peu plus tard s’est ajouté le rêve de faire de la politique, j’étais impliqué pas mal et je faisais beaucoup de bénévolat pour divers partis politiques. À chaque fois que j’en parlais, on me disait que c’était irréaliste, que c’était plate à mort, que j’étais bizarre, etc. Ces commentaires venaient autant d’adultes que de gens de mon âge et j’invente rien là. Quand vous me sortiez vos platitutes je riais mais je riais dans le très jaune.

Après, pendant environ un an, je voulais être une travailleuse sociale et là, on me disait que je ne serais pas capable que j’étais trop sensible (LOL). JE SAIS que je suis trop sensible et je voulais pas vraiment faire ça mais ton négatif, tu peux le garder pour toi.

J’ai finalement fait un bac en géographie et aménagement durable et je suis entrain de réaliser une maîtrise en études et interventions régionales et je vous assure que j’ai encore droit à 1 000 commentaires du genre sauf qu’aujourd’hui, je suis capable de m’en foutre royalement.

Quand je regarde ça, par chance que quelques enseignants et surtout mes parents étaient là. Ce sont eux qui m’achetaient des livres sur l’Égypte, qui me faisaient faire des chasses au trésor avec des faux ossements de dinosaures, ce sont eux qui me poussaient à toujours plus apprendre, eux qui m’ammenaient à la bibliothèque où je trouvais des centaines de livres qui me rendaient encore plus assoifée de savoir, eux qui me disaient que je ferais une bonne historienne, eux qui me disaient que je ferais une bonne politicienne, eux qui venaient me chercher après mon bénévolat, eux qui me disaient que j’étais aidante et que je ferais une bonne travailleuse sociale. Parce que même s’ils savaient que la majorité de mes ambitions étaient surement éphémères ou plus ou moins réalistes: jamais ils n’ont briser mes rêves, ils n’ont fait que m’encourager. Même si je me doute bien qu’ils avaient surement hâte que j’arrête de les harceler avec les dinosaures et l’Égypte.

Entant qu’adulte, t’as pas le droit de dénigrer les aspirations futures d’un adulte encore moins d’un enfant, même si tu penses que c’est pour lui éviter de rêver en couleur. T’inquiètes pas pour ça, la vie est bien faite et tout se fait en temps et lieux. Pis t’sais, tu sais pas, c’est peut-être sa seule motivation d’aller à l’école et d’avancer dans la vie. Tout ce que t’as à faire s’il te dit qu’il veut devenir astronaute, c’est de lui répondre qu’il sera le meilleur astronaute du monde entier. Point.

Parce que même si je n’étudie pas dans les domaines qui me faisaient rêver enfant, ce sont ces multiples rêves là qui m’ont fait avancer, qui m’ont donner le goût d’étudier et de toujours approfondir mes connaissances. Parce que si je n’avais pas été habitée de toutes ces parcelles d’ambition, je ne serais pas où je suis présentement.

Emma

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TOP 15 DES FILMS D’HORREUR (OU PAS) LES PLUS TROUBLANTS (PARTIE 2)

Le mois de novembre dernier, j’avais écris ça : Top 15 des films d’horreur ( ou pas) les plus troublants. Étant donné le grand plaisir que j’avais eu à l’écrire, la grande popularité de cet article et les nombreux films troublants que je n’avais pas eu l’occasion de mentionner dans ce top 15; j’ai décidé de récidiver avec un second top 15 de films troublants!

Comme je le mentionne souvent lorsque je parle de films troublants; ce qui me perturbe ne te perturbera pas nécessairement et c’est ce qui fait toute la beauté de la chose. Le but n’est donc pas de vous dire que le #1 de cette liste est VRAIMENT PLUS INTENSÉMENT TROUBLANT que le #15, pour moi personnellement, oui c’est le cas pour de multiples raisons mais peut-être que pour toi, ça sera carrément l’inverse, t’sais.  Certains films seront plus décrits et mieux expliqués, d’autres non, je manque de constance JE LE SAIS mais je suis comme ça, bon.

Je vous souhaite une bonne lecture ainsi que de merveilleux traumatismes !

Emma

#15 Henry: Portrait of a Serial Killer

Année: 1986

Pays : États-Unis

Réalisateur: John McNaughton

Pourquoi il m’a troublé: Avant toute chose, sachez que je ne le considère pas comme un film d’horreur, c’est plutôt un drame agrémenté d’un peu de sang. Inspiré d’une histoire vraie, on suit la vie tout ce qu’il y a de plus monotone et ordinaire de notre cher Henry. Je crois que mon trouble vient tout d’abord tu fait qu’Henry ne semble éprouver aucun plaisir à tuer, qu’il tue seulement parce que c’est comme ça ( pas tout à fait mais quand même) mais qu’il n’en retire aucune satisfaction… À l’inverse d’Henry, il y a Otis qui tue parce qu’il aime tuer, le contraste a quelque chose  de profondément perturbant. Mais si Henry: Portrait of a Serial Killer m’a autant troublé, c’est principalement grâce à son grand réalisme, qui évite de tomber dans l’abus de n’importe quoi. Son but n’est donc pas de nous choquer visuellement mais bien de nous dresser un portrait rationnel d’un tueur en série tout ce qu’il y a de plus réaliste et effrayant.

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#14 Hard Candy

Année : 2006

Pays: États-Unis

Réalisateur: David Slade

Pourquoi il m’a troublé: Dans mon dernier article sur les films troublants, je vous avais parlé du film Megan is Missing et que celui-ci devrait être visionné par tous les jeunes de ce monde pour être conscient des dangers d’Internet, Hard Candy se situe un peu dans la même lignée. Hard Candy traite de la pédophilie d’une manière très moderne, très ancrée dans la société actuelle et je ne pourrais vous en dire plus au risque de vous en dire trop. Avec avec son sujet tabou, son ambiance malsaine, son revirement de situation à la «tel est pris qui croyait prendre», Hard Candy est définitivement troublant et très intelligent.  À faire visionner aux enfants/ adolescents, en programme double avec Megan is Missing.

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#13 Straw Dogs

Année: 1971

Pays: Royaume-Uni / États-Unis

Réalisateur: Sam Peckinpah

Pourquoi il m’a troublé: Straw Dogs, fait parti de la trilogie de l’ultra-violence avec les films Orange mécanique et Délivrance. J’ai passé à un cheveux de mettre Orange mécanique à cette position mais je me suis dit que Straw Dogs était beaucoup moins connu, d’où mon choix final (et je n’ai pas visionné Délivrance). Cette oeuvre m’a oui troublée pour la célèbre scène de viol qui est je l’admet, assez pénible mais la principale raison de mon trouble repose sur ma propre réaction face au film. Je m’explique: le protagoniste masculin est un éternel pacifiste qui se voit malheureusement coincé dans un tourbillon de violence extrême mais malgré tout, celui-ci reste passif… Ce qui m’a donc choqué, c’est que j’avais envie qu’il réagisse, qu’il ait recours à la violence, qu’il se défende et qu’il défende sa femme! J’ai donc trouvé assez troublant qu’un film me fâche par sa non-violence, ce qui ne m’étais jamais arrivé avant…

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#12 Pink Flamingos

Année: 1972

Pays: États-Unis

Réalisateur: John Waters

Pourquoi il m’a troublé: Je ne sais pas quoi dire sur Pink Flamingos, mis à part que c’est totalement trash, vulgaire, drôle et absurde. L’absurde me trouble et Pink Flamingos remporte la palme d’or à ce niveau… J’ignore quoi ajouter, sinon que c’est un choc visuel, sonore et surtout moral. À voir au moins une fois dans ta vie, si t’es hyper curieux et assez ouvert d’esprit.

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#11 Irréversible

Année: 2002

Pays: France

Réalisateur: Gaspar Noé

Pourquoi il m’a troublé: S’il m’a troublé, c’est principalement dû au fait qu’il bénéficie d’une des scènes de viol la plus lourde, intimiste et éprouvante de l’histoire du cinéma ( on voit rien pratiquement rien mais je vous jure que c’est suffisant.) Mais c’est aussi parce qu’on saisi l’aspect tragique de certains événements du film et de la vie en général; des événements irréversibles, qui peuvent gâcher ta vie ou la vie d’un autre à tout jamais. En d’autres mots, c’est le fatalisme de l’oeuvre qui m’a troublé.

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#10 Antichrist

Année: 2009

Pays: Allemagne/Danemark/France/Pologne/ Suède/Italie

Réalisateur: Lars Von Trier

Pourquoi il m’a troublé: Je n’ai pas aimé Antichrist, vraiment pas. J’entretiens une relation ambiguë avec Lars Von Trier; je le déteste ou l’admire. Vous vous demandez surement pourquoi je met dans cette liste une film que je n’ai pas aimé, bah tout simplement parce que malgré tout, il est assez perturbant. Le deuil est traité de manière lourde, poignante et particulièrement glauque. C’est un film à la fois profondément malsain tout en étant intensément touchant. C’est une oeuvre très lente, qui se laisse admirer et ressentir. J’essaie de me convaincre que je ne l’ai pas aimé en raison de cette lenteur et de ce coté un peu trop atmosphérique mais je crois que je l’ai seulement détester parce qu’il m’a secoué d’une manière plutôt désagréable.

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#9 Gummo

Année: 1997

Pays: États-Unis 

Réalisatrice: Harmony Korine

Pourquoi il m’a troublé: Gummo prend l’apparence d’un faux documentaire retraçant la vie quotidienne d’une petite population américaine, venant de subir les ravages d’une tornade. J’ai été troublé de voir à l’écran une population de « redneck » oui inventée mais peut-être pas si éloignée de la réalité. Mon trouble s’est accentué par le fait que la majorité des personnages principaux sont des jeunes intensément trash, beaucoup trop violents, crasseux et qu’évidemment, les parents sont pratiquement absents ou pires qu’eux. Les films mettant en scène des enfants me font mal et particulièrement quand ceux ci vivent clairement en marge de la société, cette marge où les pauvres vivent, où il est plus facile de les entasser et de les laisser à leur misère…

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#8 Full Metal Jacket

Année: 1987

Pays: Royaume-Uni/États-Unis

Réalisateurs: Stanley Kubrick

Pourquoi il m’a troublé:  Parce qu’il démontre l’absurdité ( avec un grand A) de la guerre dans toute sa cruauté, son aliénation et son humanité. Un film magistral comme seul Kubrick en connait la recette.

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#7 Begotten

Année: 1991

PaysÉtats-Unis

Réalisateur: E. Elias Merhige

Pourquoi il m’a troublé: Vous avez surement remarqué que j’aime décortiquer les films et en comprendre l’essence mais s’il y a bien un film que je n’ai toujours pas réussi à comprendre, c’est Begotten. J’ai visionné Begotten peut-être 2 ou 3 fois par le passé, sans jamais vraiment en comprendre quoi que ce soit. Je vous jure que je ne suis pas de mauvaise fois, je comprend que c’est un film qui axe sur la symbolique tant religieuse que païenne ou comme d’autre le disent, que c’est une oeuvre métaphorique montrant l’apparition de la vie; la création du monde. Bon, même si mon cerveau refuse carrément de fonctionner quand je visionne ce film, il n’en demeure pas moins plus qu’angoissant et oppressant, notamment par son absence de dialogues, sa photographie noire et blanche granuleuse, sa lenteur, son gore, etc. En fait, j’ai détesté Begotten surement parce que je ne le comprend pas et qu’il est peut-être trop atypique pour moi.

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#6 Visitor Q

Année: 2001

Pays: Japon

Réalisateur: Takashi Miike

Pourquoi il m’a troublé: Peu importe ce que je te dirais sur Visitor Q, tu ne me croirais pas pareil. Tu devras donc le visionner si tu veux savoir de quoi il s’agit. Donc tout ce que j’ai à dire pour Visitor Q c’est : Takashi Miike…

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#5 The Skin I Live In

Année:  2011

Pays: Espagne

Réalisateur: Pedro Almodóvar Caballero

Pourquoi il m’a troublé: Je ne peux absolument rien te dire sur ce film, au risque de gâcher ton écoute de cette oeuvre plus que sublime et dérangeante qu’est The Skin I Live In. C’est en effet le genre de film que tu dois visionner vierge de toute appréhension et de toute information. The Skin I Live In est ce que je qualifierais sans ménagement, un réel chef-d’oeuvre cinématographique et je te le recommande chaudement!

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#4 Dancer In The Dark

Année: 2000

Pays: Suède/Danemark/Finlande/Islande/Allemagne/France/États-Unis/Royaume-Uni/Norvège

Réalisateur: Lars Von Trier

Pourquoi il m’a troublé: Dancer In The Dark est un film profondément humain et triste, qui m’a émue comme peu de films arrivent à le faire. Je le déteste profondément pour m’avoir autant blessé émotionnellement et d’avoir éveillé en moi un profond sentiment d’injustice et de frustration. Je le déteste parce que même s’il est insoutenable il reste un film grandiose sur tous les points. Film à montrer aux gens approuvant la peine de mort…

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#3 Taxidermia

Année : 2006

Pays: France/Autriche/Hongrie

Réalisateur : György Pálfi

Pourquoi il m’a troublé: Taxidermie, c’est le genre de film facile à détester et à traiter de vulgaire, de vide. Lorsque tu le visionnes, tout ce qui te viens à l’esprit en premier c’est que c’est carrément abjecte et provocateur mais lorsque tu tentes de l’analyser, tu peux en ressortir des éléments drôlement intéressants.  Personnellement, j’ai décidé de voir au delà de la provocation facile et de creuser. Par exemple, on peux y voir une mise en évidence des problématiques générationnelles, mise de l’avant par trois hommes d’une même famille. Pour chaque homme, vivant à une époque différente, on peux distinguer une parcelle de la problématique générationnelle, qui se reflété dans leurs agissements respectifs. L’arrière grand-père, dont l’histoire prend place pendant la Seconde Guerre mondiale, est caractérisée par une obsession maladive du sexe, une soumissions aveugle, de la haine refoulée et un manque d’instruction plus qu’évident. Le fils de celui-ci (soit le grand-père), prend place dans une Hongrie communiste où le protagoniste tire une fierté sacrée d’être un champion de gavage, un peu comme la fierté nationale. L’histoire du fils de ce dernier, se situe dans un espace temps plus actuel, une époque où plus que jamais, nous sommes fascinés par la jeunesse donc dans un sens, de la vie éternelle. Le jeune homme en question est fasciné par la taxidermie qui permet de défier la mort pour l’éternité. En plus de tout ça, le film possède une qualité certaine à tous les niveaux et il serait hypocrite de le nier . György Pálfi nous offre une oeuvre ancrée dans une Hongrie en mal de vivre, à la recherche de l’absolue réponse, de génération en génération. T’sais, t’as le droit de juger le film juste par son abus d’obscénités, de vulgarités, de gore et de dégueulasseries mais tout ce que je te dis, c’est qu’il vaut la peine d’être vu d’un œil différent, parce qu’il s’inscrit définitivement dans les films chocs n’ayant pas pour unique but de choquer.

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#2 Dogtooth

Année: 2009

Pays: Grèce

Réalisateurs: Yorgos Lanthimos

Pourquoi il m’a troublé: Il a été prouvé maintes et maintes fois, que l’environnement dans lequel l’être humain évolue, le conditionne à être et agir d’une certaine manière. Je vous met donc au défi d’imaginer ce que donnerait une famille où les enfants sont cloîtrés nuits et jours, sans aucune sociabilisation extérieure ( sauf Christina pour satisfaire les pulsions sexuelles de leur fils). Je vous met aussi au défi d’imaginer ce que donnerait des enfants à qui on enseigne que des zombies sont des fleurs, que le chat est l’animal le plus cruel et dangereux qui soit ou bien que pour quitter le nid familial, il faut attendre qu’une canine tombe…et repousse…Vous obtenez des enfants ( et des parents ) souffrant d’une énorme mésadaption sociale, prisonniers d’une fausse bulle de protection. Avec Dogtooth, on nous pitche en pleine face le coté néfaste que les parents peuvent avoir sur leurs enfants. Les parents ici, veulent préserver la douce innocence de leur progéniture mais ils réussissent plutôt à les garder sous leur contrôle et à les rendre complètement dépendants, car le nid familial devient leur unique repère. L’esthétique est d’une blancheur et d’une candeur immaculée qui vient en totale contradiction avec les propos d’une lourdeur et d’une tristesse incomparable. On a envie de leur crier que ce monde n’est pas la réalité mais comment pourraient-ils le savoir, considérant qu’ils n’ont pas de mode de comparaison et qu’ils sont tenu d’obéir aux lois de la maison, plutôt qu’aux lois morales et sociales universelles? Dogtooth est pour moi une oeuvre anthropologique et philosophique, elle est éprouvante car elle nous confronte, d’une certaine manière, à une famille peut-être pas si loin du monde réel et ça, c’est bien plus effrayant que n’importe laquelle fiction.

Dogtooth

#1 The Elephant Man

Année: 1980

Pays: Royaume-Uni/ États-Unis

Réalisatrice: David Lynch

Pourquoi il m’a troublé: Inspirée d’une histoire vraie, The Elephant Man raconte le calvaire mais aussi le souffle d’espoir de John Merrick. Je suis consciente que cette oeuvre n’est pas à proprement parlé un film d’horreur mais plus un drame biographique historique mais comme je le répète sans cesse, l’horreur a plusieurs apparences et dans ce film, elle revêt le visage de l’horreur humaine à son plus haut niveau; l’exploitation d’une humain par d’autres humains. L’horreur de ce film porte aussi le visage de la différence, de par l’homme éléphant oui mais aussi de par les nombreuses personnes exploitées dans les cirques entant que « freaks ». Bien qu’assez classique, on y perçois de manière assez évidente la touche « Lynchienne »  qui nous donne l’impression de rêver éveillé. Cette touche hypnotique, le jeux des acteurs , la photographie soignée à souhait, l’effet du noir et blanc et bien d’autres éléments, en font une réelle merveille cinématographique. Si le film m’a autant troublé, c’est tout d’abord car il démontre toute la cruauté dont l’Homme est capable mais aussi et surtout, car il démontre toute la bonté humaine et la différence que peux faire la compassion et le respect humain… Ce qui est horrible me trouble au plus haut point mais ce qui me trouble ( dans un bon sens) encore plus, c’est une oeuvre d’une grande humanité qui me touche droit au cœur et à l’âme, comme The Elephant Man et c’est pourquoi il se retrouve en première position de cette liste.

“I am not an elephant! I am not an animal! I am a human being! I … am … a … man!”

TheElephantManposter

Si tu veux être au courant des articles que j’écris sur mon blog, je t’invite à aimer cette page Facebook 😀 : Ohsweetnightmare

Starry Eyes – Critique

Ce que j’aime ben gros dans la vie, c’est de visionner un film sans aucune attentes, autant positives que négatives. Faque ce matin, café à la main et chien couché sur moi, j’ai débuté le surprenant Starry Eyes.

«Sarah Walker a un petit boulot sans avenir sous le joug d’un patron qui la prend de haut, elle subit des amitiés superficielles avec des acteurs concurrents et participe à des castings qui n’aboutissent à rien. Après plusieurs auditions humiliantes face à un duo pour le moins bizarre, elle décroche le rôle principal dans leur nouveau film. Malgré le fait qu’ils lui demandent de faire des choses de plus en plus étranges, elle sera prête à tout pour réussir, aveuglée par son fantasme de célébrité.» (allocine.fr)

starryeyes

Kevin Kolsch et Dennis Widmyer nous offrent un long métrage pour le moins surprenant et intriguant. Avec Starry Eyes, on plonge dans un monde de rêves et de fantasmes, dans un monde de personnes en mal de vivre et obsédés par le regard de l’autre… En fait, on plonge dans notre monde; la société occidentale. Kolshch et Widmyer nous dressent un portrait assez effrayant d’une jeune femme qui rêve de célébrité, d’être reconnue entant que grande actrice et qui sera prête à tout pour arriver à ce quelle désire.

Je dois admettre qu’avec le faible budget du film, j’avais quelques doutes sur l’efficacité possible des scènes horrifiques mais sincèrement, je n’ai pas vue une seule scène ayant l’aire cheap et j’en été agréablement surprise, même que plusieurs scènes sont d’une grande efficacité. Entre les scènes gores, la transformation tant au niveau psychologique que physique de Sarah, les réalisateurs ont cru bon d’incorporer une petite touche de surnaturel, qui prend la forme d’une boîte de production aux allures de secte satanique dont le directeur serait peut-être le diable; ça l’aurait pu tout gâcher mais non, le tout reste étrangement cohérent.

L’actrice principale incarnant Sarah est phénoménale et très convaincante. Au départ,  je n’étais pas certaine d’aimer le personnage mais plus le film avançait, plus j’avais de la compassion pour cette jeune femme, clairement désaxée et perdue dans ces fantasmes. Elle incarne avec beaucoup de maturité son rôle tout en nous livrant une évolution physique choquante et une évolution psychologique dérangeante. Qu’on se le dise, son interprétation est à couper le souffle, voilà.

La photographie est soignée, tout comme l’est la musique qui est une grande justesse. À plusieurs moments, l’ambiance me donnait l’impression d’être plongée dans un film des années 70-80 et ce fut loin de me déplaire.

Starry Eyes, bien qu’empruntant un schéma assez habituel, réussi toutefois à nous surprendre et à ne pas nous ennuyer, j’ignore comment et pourquoi mais c’est le sentiment que j’ai eu. Je ne peux pas te dire que c’est parfait, loin de là mais dans l’ensemble, c’est une oeuvre plus que satisfaisante.

Je crois sincèrement que c’est le genre de film qui va diviser les fans d’horreur. Certains comme moi, auront énormément de plaisir à le visionner et d’autres, le trouveront stupide et inachevé.

Starry Eyes est pour moi, un bon compromis entre un film qui diverti et un film qui fait réfléchir. Ce que je veux dire par là, c’est que si tu le visionnes, jamais tu ne trouveras le ton trop sérieux et moralisateur mais tu risques tout de même de faire un ou deux cauchemars et de te questionner sur cette quête obsessionnelle de célébrité.

Emma

starryeyes2

Critique – The Devil’s Hand

Je travaille dans un Première Vidéo et dans les sorties DVD de la semaine prochaine, il y avait The Devil’s Hand. Mon intuition me beuglait de ne surtout pas perdre mon temps avec ce film mais bon, j’ai fais abstraction de celle-ci et je l’ai visionner pareil…

«Dans le petit village de New Bethlehem se déroule quelque chose de très étrange. Une communauté très dévouée est gardée sous l’œil vigilant des aînés. Six filles sont nées le même jours de six mères différentes. Ceci est peut-être une coïncidence mais certains pensent que quelque chose d’occulte est à venir. Le jour de leur 18ème anniversaire, les jeunes filles disparaissent mystérieusement une à une et craignent de mourir. La terreur a pris le pas sur cette petite communauté tranquille. Est-ce un tueur en série, un des anciens du village ou une terrible prophétie qui devient réalité ? » (horreur.net)

DEVILSHANDREVFEAT

À la base, je dois vous avouer que le film m’intriguait légèrement pour un élément en particulier: le fait que celui-ci se déroule dans une communauté Amish.  Je me suis dit que le sujet était propice à mettre de l’avant l’aliénation de ces communautés, leurs peurs et leurs traditions perpétuées par une sorte de paranoïa collective, leur isolement, etc. Le fait est que le film va dans une direction carrément opposée, ce qui modifie totalement son potentiel initial.

Donc à la place de toutes ces avenues possibles, on se retrouve avec un autre film typiquement créer pour un public pubère, nageant entre le film de possession pas tant convaincant et le slasher semi-assumé. Je dis semi-assumé et peu convaincant car on se demande où est caché l’horreur… Le film est supposé être classé dans cette catégorie mais on se retrouve au final, avec une oeuvre mettant beaucoup plus de l’avant une histoire d’amour plutôt que de l’horreur.  Donc on fini par comprendre assez tôt que le film est plus une histoire d’amour pour adolescents, ayant utilisé le prétexte de l’horreur pour attirer la tranche d’âge 13 ans 16 ans, avide de réalisations pseudo-horrifiques boiteuses, qu’un réel film horrifique.

Si tu penses encore que le film pourrais t’intéresser, laisse moi ajouter que celui-ci est bourré de clichés à la con : 6 filles, nées de 6 mères différentes. Une malédiction. Le Diable. Un tueur original à capuche noir qui s’avère en fait être la mère de Mary (lol juste lol).18 ans. 5 jeunes Amish top canons, juste assez rebelles. La belle-mère méchante. Le père qui protège sa fille. L’histoire d’amour entre une Amish et un gars cute de la ville. HELP.

Le film est lent, très leeeennnnnttttt et tellement prévisible. Les acteurs ne sont pas mauvais en soi, juste fades et beaucoup trop stéréotypés. Les scènes supposées êtres stressantes ou effrayantes sont insatisfaisantes et réchauffées, genre brûlées. Malgré tout, je dois admettre que le film possède une certaine qualité et beauté visuelle et que la fin est acceptable en terme d’horreur, contrairement au reste du film, je dis bien acceptable.

The Devil’s Hand s’avère être un produit  fade, immature, trop à l’eau de rose pour sa thématique des plus sombres, parsemé de peu de scènes horrifiques efficaces, qui joue avec les mêmes clichés dont les films du genre nous ont habitués. Je vous assure que j’aurais aimé vous dire que c’est un bon film mais il manque cruellement d’audace, de rythme et tout simplement d’horreur… J’essaie d’être douce et respectueuse mais en toute honnêteté j’ai trouvé ça médiocre, voilà, c’est dit.

Emma

the devil

Critique – Mister Babadook

Je désirais visionner Mister Babadook depuis longtemps et je suis heureuse de constater que l’attente en valait plus que la chandelle! Sérieusement, la réalisatrice australienne Jennifer Kent réalise un coup de maître avec son premier film!

«Depuis la mort brutale de son mari, Amelia lutte pour ramener à la raison son fils de 6 ans, Samuel, devenu complètement incontrôlable et qu’elle n’arrive pas à aimer. Quand un livre de contes intitulé ‘Mister Babadook’ se retrouve mystérieusement dans leur maison, Samuel est convaincu que le ‘Babadook’ est la créature qui hante ses cauchemars. Ses visions prennent alors une tournure démesurée, il devient de plus en plus imprévisible et violent. Amelia commence peu à peu à sentir une présence malveillante autour d’elle et réalise que les avertissements de Samuel ne sont peut-être pas que des hallucinations…» (allocine.fr)

babadook

Avant toute chose ( et j’y reviendrai) je te conseille, avant de visionner le film, de comprendre que Mister Babadook n’est en rien conventionnel, qu’il ne faut pas l’imaginer comme un film d’horreur à l’ancienne. Personnellement, je le considère plus comme un drame psychologique, dont l’horreur doit être comprise de manière métaphorique. En te disant ça dès le départ, tu risques d’être moins déçu en le visionnant, t’sais.

Dans Mister Babadook, pas de sursauts prévisibles et faciles, pas d’effets CGI nuls, pas de musique stressante, ni de couleurs criardes; Kent réussit à créer un film constant à l’ambiance anxiogène, toujours en simplicité et en sobriété. J’ai beaucoup apprécié l’esthétique à la fois froide et élégante de l’oeuvre, ça ajoute en quelque sorte une impression de nostalgie. Dans Mister Babadook, on aurait pu s’attendre à une trame sonore omniprésente mais le choix de prioriser le silence et de bien doser la musique s’avère foutrement judicieux. Un autre aspect intéressant repose sur la présence subtile du Babadook, il apparaît toujours vaguement, sournoisement… Kent utilise à merveille la supposition et le doute plutôt que l’apparent. Elle préfère nous terroriser avec une ombre, un grincement ou un murmure et de cette manière, elle joue directement avec nos peurs les plus profondes et primitives, ce qui nous fait renouer avec un sentiment de terreur à l’état brut.

Si Jennifer Kent excelle de manière indéniable, le film ne serait pas une telle réussite sans le talent et la crédibilité des acteurs.  Les deux personnages principaux sont merveilleusement interprétés, assez qu’au début du film, j’avais réellement envie d’étrangler Samuel, non mais sérieux j’ai rarement vu un enfant aussi agressant et crédible dans son rôle d’enfant troublé et troublant. L’actrice interprétant Amelia est phénoménale et magnifique dans son interprétation d’une femme meurtrie et surtout, dans son rôle de mère.

Si on considère l’entièreté du film Mister Babadook comme une métaphore ( un peu dans le même genre que The Shinning), celui-ci s’avère probablement plus un drame familial qu’un film d’horreur. Et si le Babadook était plutôt une représentation du deuil, du mal et de l’angoisse de la mère ? Et si le gamin était névrosé à cause du délire psychotique de sa mère? Je vous jure que le film est lourd en métaphores  et en symboles et la fin n’aurait pu être plus significative en ce sens: Amelia tente d’exorciser le Babadook ou ces propres démons intérieurs?

Kent nous propose donc un film d’horreur dramatique aux allures de conte cauchemardesque, angoissant et touchant à la fois. Mister Babadook est une oeuvre d’une grande qualité qui évite tous les raccourcis de manière habile. Rarement un film pourra se venter d’avoir savamment mélangé un conte pour enfant, de l’horreur, une histoire de deuil, l’amour entre une mère et son fils et un croque-mitaine moderne des plus traumatisants si ce n’est que par ces rares apparitions.

Je te conseille vivement de visionner Mister Babadook, avant tout parce qu’il donne un souffle d’espoir, il amène un vent de fraîcheur certain, parce qu’il essaie de faire travailler ta matière grise et d’aller plus loin qu’un simple film d’épouvante vide. Et Dieu sait que tenter d’aller plus loin au cinéma peux s’avérer être un pari risqué mais Kent a décidément bien fait de prendre le risque car je crois que même ceux n’ayant pas apprécié le film, ne pourront nier la grande intelligence et la puissance de Mister Babadook.

Emma

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Critique – Ouija

Je me demandais si j’allais prendre de mon temps pour écrire quelque chose sur le film Ouija et là je me suis dit que si je pouvais éviter ce navet à au moins une personne; mon article aurait servi à quelque chose.

«Lorsque leur amie Debbie décède dans des circonstances qui laissent croire à un suicide, un groupe de jeunes croient plutôt que le responsable est une planchette de jeu, appelée Ouija, qui permet de communiquer avec les morts. Pensant que leur copine tente de s’entretenir avec eux à travers le jeu, ils se réunissent dans la maison de la défunte pour une partie. Malheureusement, il converse plutôt avec des esprits maléfiques que leur amie avait réveillés quelques jours plus tôt. S’ils veulent échapper à la mort qui les guette, ils doivent découvrir qui sont ces fantômes et pourquoi ils s’en sont pris à Debbie, et s’attaquent maintenant à eux.» (cinoche.com)

ouija

J’avais peu d’attentes envers Ouija, je m’attendais à rien mais je dois avouer que je ne m’attendais pas à quelque chose d’aussi mauvais. Je ne comprend pas et je ne comprendrai surement jamais l’engouement pour ce genre de film pseudo-horrifique. Qu’on se le dise, je n’ai absolument rien contre les films pour adolescents, le problème ici c’est que Ouija n’est aucunement efficace et que le résultat ne ferait même pas sursauter un enfant de 8 ans.

Donc mon cher Stiles White, faudrait m’expliquer ce que t’as voulu réaliser comme film, parce que je ne comprend pas. Je ne comprend pas qu’on puisse prendre les spectateurs à ce point pour des attardés en leur servant des scènes prévisibles et clichés level 100 . Faudrait m’expliquer aussi si tu croyais réellement effrayer les gens avec des effets vus et revus 1 000 fois. Par le fait même, pourrais-tu me dire si tu trouves réellement ton casting talentueux? Je me demande aussi si t’as pas juste voulu faire un bon coup d’argent  en exploitant une planche mythique peu ( bien) exploitée au cinéma? Parce que je veux pas être plate, mais ton film transpire pas full la passion…

Si  je récapitule, j’ai trouvé Ouija long, ennuyant, risible ( si au moins c’était dans le bon sens) et inefficace. Les personnages ont le même niveau de prestance et de charisme qu’une truite morte. On y répète inlassablement les mêmes effets habituels sans même tenter de faire un minimum d’efforts pour innover.  Au final, on en vient facilement au fait que la planche de Ouija n’était qu’un prétexte pour nous pondre un autre film typiquement américain grand public, s’improvisant film d’horreur.

Mais ce que je trouve surtout horrible c’est que pour la majorité des gens, le cinéma horrifique se limite à ce genre de production prétentieuse et d’une pauvreté incroyable. C’est à cause de films dans le genre que les gens sont blasés des films d’horreur, oui oui. Ma critique peux paraître sévère et sans nuances mais je m’en fou, bon. Je pense que le mot qui résume le plus Ouija selon moi, c’est: VIDE.

Emma

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Critique – Honeymoon

Les gens me disent souvent qu’ils sont blasés du cinéma d’horreur et que rien de bon ne voit le jour… À chaque fois je répond à ces gens qu’il ne suffit pas d’attendre les sorties cinéma ou les sorties dvd de vos clubs Vidéotron ou Première Vidéo… Au moins 80% de films d’horreur de qualité ne bénéficient pas de la couverture médiatique qui soit dit en passant, mériteraient amplement. Osez faire des recherches et écouter des films plus méconnus, ça vaux souvent le coup et vous seriez peut-être encore émerveillés par le cinéma horrifique, comme je le suis depuis toujours! Sur ce, je viens de visionner le film honeymoon et j’avais envie de vous en jaser un peu.

«Juste après leur mariage, Paul et Béa arrivent sur les bords d’un lac isolé pour y passer leur lune de miel. Peu de temps après, Paul surprend Béa déambulant au beau milieu de la nuit et en pleine forêt, seule et totalement désorientée. Le comportement distant et de plus en plus étrange de sa jeune épouse incite Paul à penser que ce qui semble lui être arrivé au fond des bois ne relève pas seulement du simple somnambulisme…» (allocine.fr)

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Noir sur blanc, le synopsis semble être tout ce qu’il y a de plus banal et commun mais on se rend compte assez vite, en le visionnant, que ce n’est pas tout à fait le cas. C’est le genre de film inclassable que certains qualifieraient d’OVNI cinématographique mais pour les besoins de la cause, qualifions le plutôt de thriller-horrifique-fantastique.

En visionnant Honeymoon, on sens la grande maîtrise de la réalisatrice Leigh Janiak (c’est quand même son premier film) et son sens aigu du détail et de la perfection et  je vous assure que ça fait plaisir à voir. T’sais le genre de film que tu sens que la réalisatrice a voulu offrir un produit fini de qualité, pas quelque chose fait à la va vite. D’ailleurs, la qualité du film est indéniable, bien que certains lui reprocheront sa lenteur, dites vous que celle-ci est indissociable d’un film du genre; il faut prendre son temps et prendre le temps de bien ancrée l’ambiance. C’est pourquoi, il faut voir la lenteur comme une qualité plutôt qu’un défaut. Honeymoon offre une photographie soignée, une trame sonore des plus pertinente qui donne au final une ambiance carrément sombre, sensuelle et mystérieuse. J’ignore si c’est dû au fait que le réalisatrice est une femme mais j’ai trouvé l’oeuvre empreinte d’une sensualité et d’une douceur surprenante qui donne un ton étrangement pur au film.

Ce qui est aussi génial, c’est qu’on ne perçoit pratiquement pas le manque de budget et je crois sincèrement qu’avec plus de moyens, le film n’aurait pas été aussi efficace. Je crois qu’Honeymoon bénéficie de cette humilité et c’est ce qui rend le tout encore plus magnifique.

Le tout ne serait évidemment pas une réussite sans le talent et la chimie évidente entre Rose Leslie ( Games of throne) et Harry Treadaway ( Penny Dreadful) qui offrent tous deux de surprenantes performances.

J’aimerais  t’en dire plus mais je ne peux pas, je risquerais de tout gâcher. Je te dirai donc seulement qu’Honeymoon mérite que tu lui laisse une chance de te surprendre et de t’émouvoir . Attend toi à rien,ferme les lumières, met ton cerveau à off et laisse toi envoûter.

Emma

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