Excision (2012)

Pour vous rassurer en partant; non le film ne porte pas sur la mutilation barbare du clitoris! En fait, j’ignore pourquoi le film s’appelle ainsi…

« Pauline a 18 ans. Elle vit avec sa famille dans une banlieue pavillonaire américaine et suit les cours à l’école en ayant des études de chirurgienne en vue. Son physique acnéique, qu’elle ne cherche pas à arranger avec du maquillage au contraire de ses proches, et son comportement je-m’en-foutiste et solitaire en font une jeune fille marginale et asociale. Elle subit l’éducation stricte de sa mère, Phyllis, alors que son père reste passif. La petite sœur de Pauline, Grace, est elle une jeune fille modèle, mais qui souffre de mucoviscidose et dont l’état est préoccupant. Phyllis fait tout ce qu’elle peut pour apprendre les bonnes manières à sa fille, mais ses méthodes autoritaires ne font qu’empirer ce qu’elle veut améliorer. Pauline est de plus en plus obsédée par des songes morbides et sanglants…»

Source : wikipedia.org

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Non mais quelle belle surprise j’ai eue en écoutant ce film! Pourquoi ? Tout d’abord grâce à une thématique difficile d’approche, exploitée originalement et intensément. En effet, on y parle de la maladie mentale. Dit comme ça, ça peux avoir l’aire assez banal, mais détrompez-vous. On traite de ce sujet par le regard et la vie d’une jeune femme (Pauline) atteint de troubles mentaux, nous avons donc souvent seulement sa vision des choses. On y parle aussi subtilement, de tous les préjugés reliés à ceux-ci, principalement que la souffrance psychologique est moins difficile que la souffrance physique…En gros, que la souffrance «intérieure» n’est pas une souffrance en soit.

Un autre aspect qui m’a impressionnée et touchée, est le fait que la sœur de Pauline est atteinte d’une maladie physique mais qu’en apparence, elle est la jolie petit fille parfaite. Pauline elle, est incroyablement dérangée mentalement, en santé physiquement mais a l’aire d’un véritable zombie. Pauline sait qu’elle est malade; que quelque chose cloche en elle-même, même si tout le monde se borne et s’acharne à dire qu’elle est normale. Si elle est considérée de la sorte, c’est parce qu’elle n’a aucun mal physique comme sa sœur. C’est une représentation assez juste (malheureusement) de notre société et de comment celle-ci traite les gens atteint de maladies mentales.

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On y parle aussi de toute la méchanceté dont sont capables les jeunes quand quelqu’un est différent. Pauline ressemble littéralement à un zombie, elle a des boutons, elle s’habille en gars, elle a les cheveux gras, elle est assez solitaire; elle a donc tout pour être rejetée… Même sa mère, fervente catholique, souhaite la faire entrer dans un moule, la transformer en jeune femme modèle. En gros, personne sauf sa jeune soeur Grace, ne l’accepte telle qu’elle est.

Le scénario est sublime et les scènes se succèdent d’une manière surprenante. Bien qu’assez classique, le film est entrecoupé de scènes renversantes qui viennent donner de la profondeur et une grande beauté à l’œuvre. En général, le film est teinté d’un humour noir, de répliques lourdes et d’un très grand cynisme. À certains moments, Pauline s’exprime à Dieu, ce sont des moments assez contrastants du reste du film ! Les rêves de Pauline sont gores et psychotiques, sexuels et toujours teintés d’une grande sensualité. Ces rêves, bien qu’assez troublants à regarder sont d’un esthétique majestueux et théâtrale. C’est vraiment de toute beauté. Ces scènes servent aussi à nous montrer le grand déséquilibre mental de Pauline, tout son désespoir et sa souffrance intérieure.

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Les personnages du film sont peu développés au début, pour finir par acquérir une plus grande profondeur. On s’étonne donc d’un passage plus « humoristique-gore-teen», vers un film qui critique une société, percutant, effroyable et touchant. Les acteurs sont tous merveilleux, particulièrement AnnaLynne McCord dans le rôle de Pauline. Son interprétation est à couper le souffle!

Le moment le plus grandiose, tant qu’à moi, repose sur la fin plus que mémorable. Cette fin nous démontre à quel point Pauline est déconnectée de notre monde. Simplement avec cette scène, nous comprenons clairement toute la violence refoulée, ces fantasmes et toutes les horreurs qui l’habitent. La scène finale correspond au moment le plus intense et touchant du film, le genre de moment que tu te dis : Fuckkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkk intérieurement.

Excision est une satire de notre charmante société, qui joue dans le grotesque et le cynisme. Mais cette œuvre cinématographique est destinée à autre chose qu’à faire rire. Elle offre une prise de conscience et des moments forts touchants et déstabilisants.

Entre la psychologie, l’horreur, l’analyse sociologique et l’humour noir : Excision est d’une intelligence et d’une beauté rarissime, qui font d’elle une œuvre majeure et saisissante.

Emma

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3 thoughts on “Excision (2012)

  1. J’en ai vu un bout de Excision y a quelques semaines et j’ai pas embarquer dans le film. Hier soir j’ai vu en mauvaise qualité le film, This is the end. Comédie avec quelques scènes d’horreur. C’est bon et drôle mais en même temps, les personnages sont un peu énervant!

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