La Chine en Afrique : Néocolonialisme ou coopération Sud/Sud?

Cet article est en fait un travail d’université, rédigé par: Chloé Machillot, Marilyn Maltais et moi-même.

Je trouve dommage de laisser «le savoir» se limiter à un travail papier, lu uniquement par un prof pour  ensuite être jeté et oublié. Je trouve ça encore plus dommage lorsque c’est un sujet peu connu et seulement effleuré par les médias. Le savoir c’est ben beau mais c’est encore plus beau quand on le partage avec les autres. Bonne lecture!

 

 

Introduction

«La Chine s’est installée en Afrique et compte bien y rester… Du Caire à Capetown, des îles de l’Océan indien au Golfe de Guinée, traversant les savanes et les montagnes, un vent nouveau venu d’Orient souffle sur l’Afrique». Cette citation tirée du livre East Wind over Africa: Red China’s African Offensive de John Colley fut rédigée en 1965, une date qui montre bien que les relations sino-africaines ne datent pas d’hier. On peut même en retrouver des traces datant d’avant la période moderne. Par contre, les échanges entre la Chine et l’Afrique qui caractérisent notre ère contemporaine, se révèlent beaucoup plus notables impulsés sous la République Populaire maoïste et intensifiés depuis le début du 21ème siècle. On pourrait dater les débuts officiels de la coopération entre Pékin et le continent africain en octobre 2000, moment où a eut lieu le premier Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC). Organisés depuis tous les trois ans, ces rencontres sont devenues un élément central dans la coopération économique et diplomatique des puissances chinoises et africaines, comme en témoigne le nombre toujours plus élevé de dirigeants d’États qui y participent. Ils sont aussi le moteur d’importantes décisions, donnant naissance à des accords d’entraide et divers contrats.

L’Afrique représente un stock de ressources plus qu’alléchant: un immense réservoir de matières premières pour la Chine et ainsi qu’un débouché idéal pour son industrie manufacturière. Ces richesses du continent aux milles contrastes ont attirées les investisseurs chinois, qui sont aujourd’hui présents dans plus de 49 pays africains. Notamment dans le secteur minier, pétrolier, agricole, manufacturier, commercial, des télécommunications, de l’industrie électronique, du textile, des transports, de la construction, des travaux publics; détrônant l’Europe dans sa place de premier partenaire commercial (juste derrière les États-Unis). Leur présence s’avère majoritaire dans la région sud-africaine, la plus dynamique du continent (son PNB équivaut à celui de tous les États d’Afrique subsaharienne réunis). Viennent ensuite le Nigeria, l’Égypte, le Maroc, l’Algérie, le Soudan, la Zambie, l’Angola. En somme, 70% des pays où la Chine marque sa présence, sont des producteurs de pétrole.

En contrepartie, ces pays «coopérants» bénéficient du dynamisme créé par ces investissements, de l’importation de biens manufacturés chinois et de la création d’emplois.

Cette intensification flagrante des échanges en seulement une décennie (multipliée par 8 depuis l’an 2000) divise l’opinion: les relations sino-africaines encouragées par Pékin, sont-elles une réelle coopération faisant office de levier pour le continent africain ou cachent-elles, au contraire, une forme de néocolonialisme obstacle à son développement? Nous allons voir que la Chine, en tant que puissance «Sud», a su avancer quant à son action en Afrique, des arguments très favorables à la coopération, mais dans les faits, on pourra aussi constater que la logique des intérêts économiques demeure inévitable.

 

1. Thèse: Une coopération Sud/Sud, un levier au développement africain

Nous allons, dans cette première partie, étudier la thèse d’une coopération sino-africaine bénéfique au continent africain, en opposition à celle d’une exploitation néocolonialiste. La coopération est «l’action de coopérer, de participer à une œuvre, à un projet commun» en tissant les liens nécessaires à cela. Elle est «antagoniste à la concurrence»[1]. Dans notre cas d’étude, la coopération Chine-Afrique est novatrice en ce qu’elle lie deux puissances «Sud» contrairement aux rapports traditionnels où un pays industrialisé coopère avec un pays en développement à travers des échanges aux bénéfices souvent inégalement répartis. Ici, nous opposons la notion de coopération au rapport colonial qui a régné en Afrique au 20ème siècle. Si le colonialisme était caractérisé par la coercition et la logique de profit, la coopération elle, se veut à intérêt réciproque et nécessite le consentement de tous ses acteurs. L’idée novatrice et contemporaine de notre sujet de recherche, est que la coopération sino-africaine lie deux entités partageant les mêmes intérêts et en partie le même destin entant qu’anciennes puissances soumises au joug occidental.

« Comme l’Afrique, la Chine avait connu le joug colonial. Comme elle, son économie reposait alors sur une base essentiellement agricole. Pays pauvre, en proie à d’importantes difficultés internes, la Chine se faisait à l’époque un devoir d’aider financièrement l’Afrique au nom de cette communauté «afro-asiatique», de l’esprit et de la solidarité Sud-Sud.» [2]

Il faut noter aussi en réponse à la thèse d’un néocolonialisme chinois en Afrique qui sera avancé plus tard, que cette installation a eu lieu avec l’accord de plein gré de nombreuses élites africaines qui, voyant là une alternative au modèle américain présenté comme unique depuis la fin de la guerre froide, ont adhérées joyeusement à ce qu’on surnommera désormais le “consensus de Pékin” (en opposition au “consensus de Washinton”).

 

1.1.Des échanges économiques et commerciaux

Cependant, les différents acteurs ont bien constatés que rapidement la logique commerciale a pris le dessus sur la logique idéologique, bien que celle-ci fut présente depuis les débuts des relations sino-africaines, les arguments pour la dissimuler sont devenus moins ardents.

Dans une logique de « doux commerce »[3], la Chine exporte en Afrique des produits manufacturés (textile, cellulaires, électroménager, automobile, informatique…) et investit dans des infrastructures (hôpitaux, écoles, villes, tourisme…) en échange de matières premières : pétrole ; minerais : zinc, nickel, cuivre, aluminium… ; bois exotique).

L’exemple du téléphone portable présent en masse sur le continent et bouleversant crucialement le mode de vie des africains, illustre bien l’apport de la Chine à travers ses échanges de biens manufacturés avec l’Afrique.

La Chine réalise de plus en plus d’investissements directs en Afrique, ceux-ci augmentent notamment depuis la fin des années 2000 (de 0,5 milliards de dollars en 2003 à 16,2 milliards en 2011)[4]. Ces investissements directs restent encore restreints à un petit nombre de pays, principalement tournés vers les industries pétrolières et extractives. Mais pour remédier à cela et encourager d’avantage ces derniers, le gouvernement chinois a entrepris en 2006, le financement de six zones économiques spéciales sur le continent africain. De plus, les entrepreneurs chinois ont mis en place un certain nombre de parcs industriels, favorisant l’activité de plusieurs pays comme l’Afrique du Sud, le Botswana, le Nigeria, l’Ouganda ou la Sierra Leone.

La coopération avec Pékin apporte à l’Afrique le savoir-faire chinois, de la main d’œuvre, des prêts à taux réduits et des avantages financiers pour construire des infrastructures. Sa présence bien que majoritaire dans les pays producteurs d’hydrocarbures, ne s’y limite pas, elle développe par exemple son commerce en Afrique de l’Est, en Tanzanie et au Kenya.

Le gouvernement chinois encourage ses firmes nationales à s’engager dans des projets de construction délaissés par les bailleurs traditionnels occidentaux: routes, barrages hydro-électriques, universités et hôpitaux, des infrastructures pourtant cruciales pour le développement et l’avenir de l’Afrique.

« China Road and Bridge Corporation » est la seule entreprise chinoise publique et menait en 2004 plus de 500 projets à travers l’Afrique[5] :

– Édification de bâtiments gouvernementaux en Zambie, à Djibouti ou en Ouganda.

– Construction de stades de football en Tanzanie, en RDC, au Mali ou encore au Ghana.

– Construction de la Cour Suprême et de l’école de police en Namibie

– Et d’autres chantiers qui suscitent la reconnaissance et l’enthousiasme de nombreux africains et de leurs dirigeants.

Il est aussi intéressant d’apprendre que l’intensification des relations sino-africaines a entrainé le développement du tourisme chinois en Afrique, amenant des groupes de visiteurs, notamment dans les parcs animaliers de l’Est et du Sud du continent (Kenya, Tanzanie, Botswana, Afrique du Sud).

 

1.2 Un apport au développement humain en Afrique

Si les échanges sont principalement commerciaux et économiques, la Chine investie aussi en Afrique dans le développement humain. En effet, 15000 bourses d’aide au développement sont versées chaque année dans une cinquantaine de pays africains et la formation de milliers d’habitants est financée par la Chine. Les engagements chinois sont aussi plus concrets en ce qui concerne les opérations de maintien de la paix en Afrique. Par exemple, en janvier 2005, environ 600 soldats chinois servaient comme Casques Bleus au Libéria. De plus il faut bien comprendre les enjeux implicites liés aux échanges commerciaux sino-africains, à divers degrés sources de développement, d’enseignements et réelle impulsion pour l’Afrique.

 

1.3 Une ingérence non coercitive

L’un des principaux signes témoins de la relation coopérative entre la Chine et l’Afrique demeure le «soft power» dont cette première fait preuve à l’égard du continent.[6] Contrairement aux puissances qui ont colonisé et exploité l’Afrique durant des décennies, la Chine ne s’immisce nullement dans les systèmes politiques en place et se garde bien de distribuer des leçons de démocratie, car elle n’a aucune leçon à donner à qui que ce soit. Les pays africains conservent entièrement leur souveraineté, ne subissent pas de déploiement de soldats sur leurs terres, n’ont aucun compte à rendre à Pékin.

 

1.4.Des échanges culturels

La présence d’une diaspora chinoise croissante en Afrique est évidemment source d’échanges et d’apports culturels. Mais il faut noter que l’Afrique aussi se constitue une diaspora en Chine. L’émigration y est beaucoup plus simple et rapide que vers l’Occident. Ainsi depuis le début des échanges sino-africains, plusieurs africains saisissent l’opportunité d’aller en Chine pour améliorer leurs conditions de vie.[7] Ces travailleurs qui gagnent l’Afrique représentent aussi un espoir pour le continent de voir un jour revenir au pays des individus qui auront bénéficié de l’enseignement et acquéri le savoir-faire chinois. De plus, dans un contexte de crise économique et de repli de l’occident, la Chine apparait vraiment comme le nouvel Eldorado.[8]

 

1.5. La «revanche des Suds»?

La coopération avec la Chine peut apporter à l’Afrique un sentiment d’autonomie face aux occidentaux anciennement colonisateurs. En effet, après le désengagement des colonies européennes dont la France en Afrique et l’effondrement de la bipolarité, certains pays voient en la Chine un puissant protecteur moins exigeant quant aux normes de démocratie et peu regardant sur l’usage fait des crédits accordés. Bien entendu les puissances occidentales ont tout intérêt, face à la conquête chinoise des territoires qui leurs étaient soumis, de dénoncer une exploitation néocolonisatrice abusive…ironie du sort?! Ces extraits de réponses que plusieurs leaders africains ont adressées à la critique occidentale[9] laissent à penser:

« Les Chinois ne lient pas leur activité économique et leur aide à des conditions politiques. Vous n’entendrez jamais les Chinois dire qu’ils ne mèneront pas à bien un projet parce que notre gouvernement n’a pas fait tout son possible pour lutter contre la corruption. S’ils disent qu’ils vont construire une route, ils la construiront » (Un porte-parole du gouvernement du Kenya, cité dans Obiorah, 2007).

« Les Chinois font plus que le G8 pour éradiquer la pauvreté. Si les pays du G8 avaient voulu reconstruire le stade, on en serait encore à organiser des réunions ! Les Chinois viennent et le font. Ils n’organisent pas de réunions et ne font pas réaliser des évaluations des impacts sur l’environnement, sur les droits de l’homme, la mauvaise et la bonne gouvernance. Je ne dis pas que c’est bien, je dis juste que l’investissement chinois est plus efficace car il n’implique pas de grosses conditions » (Cité dans Kaplinski et al., 2007).

« La plupart des entreprises européennes ont abandonné la Sierra Leone il y a bien longtemps. Mais là où les partenaires habituels de l’Afrique voient des difficultés, les Chinois eux voient des opportunités. Ils sont les nouveaux pionniers et, bien que les gestionnaires de l’aide et les ministres des affaires étrangères européens ne semblent pas l’avoir remarqué, ils sont en train de changer la face de notre continent » (Représentant du gouvernement de la Sierra Leone, cité dans Hilsum, 2005).

Dans une optique de coopération sino-africaine, il faut voir l’idée que le «débarquement» de la Chine en Afrique n’est pas ressenti comme en Europe où la conquête chinoise est concurrentielle et empiète sur des intérêts déjà présents (ex: au Sud-Ouest de la France, les chinois viennent concurrencer les locaux déjà installés en rachetant et exploitant des vignobles dans la région viticole bordelaise[10]). En Afrique, la nuance est que le Chine s’installe dans des secteurs «libres» et ne s’approprie pas des marchés déjà existants au détriment des locaux. Les thèses dénonçant une violence néocolonialiste ou une concurrence négative sont donc à nuancer.

Pour conclure cette première partie, on peut voir la conquête chinoise de l’Afrique comme une «alternative salutaire au modèle de développement occidental et à la «tyrannie de la dette et des conditionnalités», après trois décennies d’ajustements structurels désastreux sur le plan économique et social. [11]

Le fait que la Chine n’impose pas d’exigences politiques aux peuples africains, n’essaie pas d’exporter un modèle idéologique tel que la démocratie, ne déploie pas de soldats sur les territoires où elle s’installe, sont autant d’éléments caractéristiques de l’expérience coloniale occidentale qui discréditent toute hypothèse de néocolonialisme de la part de Pékin.

Les partisans d’une vision coopérative des relations entre la Chine et l’Afrique ont donc des arguments solides laissant espérer que cette expérience sera un levier au développement du continent africain. 

 

2. Antithèse: une forme de néocolonialisme, obstacles pour le développement africain

Comme nous l’avons constaté, l’idée d’une réelle coopération «Sud/Sud» pourrait être «gagnante/gagnante» pour l’Afrique et pour la Chine. Par contre, si nous prenons pour antithèse que la présence de la Chine en Afrique, par le biais de la coopération internationale, n’est qu’une forme de néocolonialisme; cette situation pourrait s’avérer être un réel obstacle pour le développement africain.

 

2.1. Néocolonialisme?

Tout d’abord, il est important de bien définir le néocolonialisme. Le terme nous ramène au fait que les pays africains ont dans un passé pas si lointain, obtenu leur indépendance face aux pays colonisateurs. Le terme de néocolonialisme apparaît donc après cette époque d’indépendance. Le colonialisme impliquait une relation explicite de domination entre le pays colonisateur et le pays colonisé. Le néocolonialisme lui, passe plutôt par une dépendance plus subtile; une dépendance économique.[12] En bref, selon le Larousse, le néocolonialisme correspond à une «politique menée par certains pays développés visant à instituer, sous des formes nouvelles, leur domination sur les États indépendants du tiers monde autrefois colonisés.»[13]

 

2.2. Coopération ou quête des ressources?

Depuis quelques années, la Chine se rapproche des «mal-aimés», en d’autres mots les États souvent ignorés de l’Occident, dont l’Afrique subsaharienne. La Chine met en avant un partenariat d’égal à égal du genre: « Hey l’Afrique, toi et moi on est passablement pareil, je pourrais donc t’aider sur plusieurs niveaux, en échange d’un accès privilégié à tes ressources. » Voici une citation qui décrit assez bien la situation : « Le Président sud-africain, Jacob Zuma, exprimant l’optimisme dans les liens Chine-Afrique a déclaré: «Nous sommes heureux que, particulièrement dans nos relations avec la Chine, nous sommes égaux et que les accords conclus génèrent un gain mutuel ». La Chine fournit une sorte de soulagement à la relation paternaliste et inégale de l’Occident avec l’Afrique depuis les indépendances.[14] 

Lorsque nous parlons de la Chine en Afrique, avec la coopération sino-africaine, il est primordial de considérer le fait que la Chine a pour but premier la quête des ressources naturelles du continent africain. Pour bien comprendre toute l’importance de cet élément, il faut savoir que tout pays se développant selon un processus dit «normal» (sauf le Japon ou la Chine dans ce cas) passent par quatre étapes distinctes:

– La première étape consiste en l’extraction des richesses naturelles;

– Vient ensuite la première transformation qui n’est pas la plus rentable au niveau économique (usine du monde);

– Par la suite, vient la seconde transformation qui elle, est très rentable car elle possède une valeur ajoutée;

– Finalement la troisième transformation, soit les services, etc.

Comme nous l’avons vu dans le cours de coopération internationale la session dernière avec M. David Villeneuve, la Chine est passée directement à l’étape de la première transformation, sans avoir le bassin de ressources nécessaires car celles-ci étaient exportées d’ailleurs. Le fait est que pour pouvoir passer par un processus de développement normal, les chinois savent qu’ils ont besoin de ressources naturelles et l’Afrique est définitivement leur dernière chance. Si la Chine veut maintenir sa croissance actuelle et la pousser plus loin, elle a définitivement besoin du dernier bassin de ressources naturelles au monde. Le contexte chinois est plus que particulier, nous ne l’appelons pas «l’usine du monde» pour rien. En fait, si on lui donne ce titre, c’est principalement à cause des occidentaux qui ont sollicité ce besoin. La Chine s’est donc vue faire de la première transformation, la première étape de son développement. L’Afrique elle, si elle ne donne pas toutes ses ressources à la Chine, peut encore passer par le processus normal.

Regardons de plus près quels sont les réels besoins de la Chine en ressources naturelles. Il est important de mentionner que la Chine voit en l’Afrique un bassin incroyable de ressources naturelles mais aussi un marché encore peu développé dans lequel elle peut écouler sa marchandise et ainsi établir d’avantage sa domination. « L’Afrique représente une source pétrolière de choix pour la Chine. En 2004, le pétrole africain représentait près de 29 % des importations chinoises. Pour mieux assurer la pérennité de cet approvisionnement, Beijing a initié des ententes de coopération avec plusieurs pays africains. En 2004, la Chine a mis sur pied le Forum de coopération Chine-Afrique qui fait la promotion du commerce et des investissements avec 44 États africains. Dans cette même logique, la Chine a baissé ses droits de douanes sur plusieurs produits africains en échange d’un accès facilité aux marchés locaux. La présence chinoise est d’ailleurs vue comme bénéfique par plusieurs gouvernements africains qui n’hésitent pas à simplifier l’accès des entreprises chinoises aux ressources naturelles.»[15] Cette supposée coopération n’est donc ici pratiquement qu’enjeux géopolitiques et enjeux géostratégiques. Prenons un exemple concret de comment la Chine assoie son influence en Afrique par l’exploitation pétrolière : « En 2004, la Chine s’est servie de son droit de véto au Conseil de sécurité de l’ONU pour bloquer une initiative visant à imposer des sanctions au Soudan dans le dossier du génocide au Darfour. C’est que la Chine a déjà investi beaucoup dans l’industrie pétrolière de ce pays d’Afrique. En 1997, alors que faisait rage le conflit soudanais, Washington a interdit aux pétrolières américaines de faire des affaires au Soudan, une décision qui a ouvert la porte aux pétrolières chinoises qui ont rapidement pris la place laissée vacante par les compagnies américaines.»[16] A l’image des Etats-Unis, la Chine a donc besoin de pétrole mais surtout de diversifier ses sources afin que celles-ci ne soient pas seulement au Moyen-Orient, par exemple.

La Chine est aussi en quête de plusieurs autres ressources naturelles : fer, diamant, bois, coton, cuivre, etc. C’est simple, il n’y a pas de ressources naturelles en Chine, donc tout doit être exporté.[17] C’est pourquoi, lorsque nous regardons la carte des investissements chinois en Afrique, « celle-ci épouse dans une large mesure celle des ressources naturelles les plus précieuses. Le Soudan, l’Angola et le Nigeria (pétrole), l’Afrique du Sud (charbon, platine), la RDC et la Zambie (cuivre et cobalt) sont devenus les partenaires privilégiés du géant asiatique. »

Prenons l’exemple du bois avec une mise en situation. Une compagnie chinoise qui vient au Congo pour l’exploitation forestière engage des africains en les payant à rabais, les chinois eux, sont engagés à titre de cadres. Les africains devront exploiter leur propre forêt. Dans cet exemple, le gouvernement congolais a exigé des chinois qu’il y ait une première transformation obligatoire dans le pays. Donc, dans les ateliers nous retrouvons encore des africains sous-payés qui par exemple, feront des contres-plaqués. Ces planches seront par la suite envoyées en Chine où seront fabriqués des meubles qui seront ensuite achetés par des commerçants africains parlant le mandarin et ces commerçant africains revendront finalement ces meubles à la population africaine, heureuse de pouvoir acquérir un certain degré de luxe.[18]

La Chine en Afrique pose aussi le problème de la pêche intensive. En effet, les chinois peu soucieux de l’environnement et de l’écologie pêchent jour et nuit, n’ont pas de soucis d’équité envers les paysans, ni de respecter le processus biologique des poissons (ils pêchent des poissons non arrivés à maturation). Ajoutons à cela l’exportation illégale de stocks de poisson en Chine. Ce qui au final, diminue considérablement la quantité de poissons accessibles et oblige les paysans à aller en pêcher plus loin.[19]

Nous pouvons aussi mentionner le problème de l’achat des terres fertiles par les chinois. En effet, ces derniers dépossèdent les africains de multiples parcelles de leur territoire les plus fertiles. Une bonne partie des récoltes va directement en Chine, une autre va dans les restaurants de la diaspora chinoise, le riz de moindre qualité quant à lui, sert souvent à nourrir les employés africains. De plus, ce même riz qui a poussé sur le territoire africain est vendu par les chinois aux africains! Même si la situation n’est pas du tout la même, il est intéressant de faire un parallèle avec la situation du Lac-Saint-Jean, où les chinois depuis quelques années, acquièrent bon nombre de fermes et de terres fertiles.

 

2.3. Les infrastructures

Les africains, en échange d’un accès avantageux aux multiples richesses du territoire, se font construire des infrastructures, telles que des hôpitaux, des routes, des aéroports et autres par les chinois. En effet, bon nombre d’infrastructures sont quasi absentes du continent africain. À première vue, cela ressemble à ce qu’on appelle une stratégie «gagnante-gagnante». Oui, le fait d’avoir des infrastructures est un point positif mais celles-ci doivent être de qualité, il doit y avoir des personnes formées pour les faire fonctionner, il faut que celles-ci soient adaptées aux nombreuses particularités territoriales, etc. De plus, il faut se pencher sur le fait que si toutes les infrastructures sont chinoises; cela revient encore à une forme de domination du territoire. Certains disent que cela apporte de l’emploi aux africains, il est cependant intéressant de savoir que la plupart des employés sont chinois, ou est donc le réel bénéfice africain?[20]

 

2.4. Les emplois

La plupart des emplois créés avec les industries chinoises sous plusieurs domaines, sont comblés par du personnel de provenance chinoise. Que ce soit dans le domaine de la construction, de l’exploitation des ressources, de l’hôtellerie ou encore de la médecine; les emplois de cadres, de gestion et de superviseurs sont pout  les chinois. La plupart viennent sur des bases temporaires de deux ou trois ans pour des projets, et repartent par la suite.[21] D’autres restent plus longtemps.

Il est aussi important de mentionner que les droits de l’homme ne font pas partie des priorités chinoises; l’économie est la réelle priorité. En effet, les ouvriers sont généralement sous-payés et traités inférieurement aux chinois. De plus, ils doivent souvent travailler dans des conditions peu acceptables : pas de casques de sécurité, en sandales, exploitation des enfants et adolescents, travail pendant la nuit, etc.[22] Les chinois ouvriers sont souvent plus payés que les ouvriers africains ce qui génère une multitude de conflits. Ces conflits mènent souvent à des grèves, ce qui paralyse souvent temporairement les chantiers.

 

2.5. Les formations

Il faut ajouter à cela la barrière de la langue : les cadres chinois ne font pas d’efforts pour parler la langue principale du pays ce qui génère une fois de plus plusieurs conflits car les partis ne se comprennent pas. C’est pourquoi, le gouvernement chinois offre des stages en Chine aux africains afin que ceux-ci apprennent le mandarin et puissent retourner en Afrique en tant que traducteurs sur le terrain. Par exemple, Pékin fait des concours dans les écoles chinoises qui accueillent les africains. Ces concours visent la promotion de la culture chinoise, par la création d’un numéro artistique. Les africains ayant le plus valorisé la Chine ou qui parlent le mieux mandarin se voient offrir un voyage d’un mois en Chine.[23] Bref, ces africains deviennent en quelque sorte des ambassadeurs de la Chine dans leur pays natal.

 

2.6. La diaspora

Oui, il y a un certain nombre d’africains en Chine depuis une décennie notamment à cause de l’assouplissement des normes relatives à l’obtention d’un visa en Chine pour les africains. Comme l’obtention d’un visa est plus facile en Chine, plusieurs africains sont tentés d’aller dans ce pays car même si certains voudraient aller au Canada par exemple, le processus est beaucoup plus lourd. À l’inverse la diaspora chinoise sur le continent africain est assez importante. Le nombre exact est difficile à évaluer car d’un côté, plusieurs communautés chinoises sont installées depuis quelques générations et d’autres sont des travailleurs qui viennent simplement pendant une courte période pour faire de l’argent et ceux-ci, ne sont pas comptabilisés dans les données. Bref, la diaspora chinoise est tout de même considérée comme importante.

Les chinois en terre africaine sont familiers avec les coutumes et le climat; ils s’adaptent bien à l’environnement. Par contre, au niveau social, l’adaptation est loin d’être complète et suffisante. Les chinois conservent de forts liens avec leur pays d’origine : « Rares sont les petits entrepreneurs qui ont choisi leur pays d’accueil ou même d’aller en Afrique. Avant leur départ, ils ne connaissaient pour la plupart rien à ce continent et aujourd’hui encore, ils ne sont guère intéressés par leur pays de résidence. En réalité, beaucoup souhaiteraient aller ailleurs, en Europe ou aux États-Unis par exemple, mais ils savent que l’obtention des visas y est difficile. Ces petits commerçants ont choisi de quitter la Chine avec un objectif financier que l’on peut formuler ainsi : « je suis là pour gagner ma vie, si je ne gagne pas d’argent, je repars. »  [24]

Dans plusieurs pays du continent, on retrouve même des associations des ressortissants chinois. L’objectif premier est de faire des chinois des ambassadeurs de leur culture ainsi que des acteurs du développement économique de leur patrie. [25]

À première vue, lorsque nous allons dans une ville africaine quelconque, il est difficile de croire que la diaspora chinoise est aussi importante. Celle-ci se limite à des quartiers inclusivement chinois sans aucune mixité avec la population africaine tant au niveau résidentiel que commercial. Sans se pencher sur la question, il est facile de croire qu’il y a un grand échange culturel entre les deux ethnies mais on se rend compte assez vite qu’il n’en est rien : pas d’échanges, pas de proximité, pas d’ouverture d’esprit donc pas d’enrichissement collectif.

Cette forte divergence culturelle, économique et politique entre africains et chinois mène à des tensions mais aussi à des conflits, qui sont susceptibles de mener à des débordements et de la violence : « En Zambie par exemple, un fort sentiment anti-chinois – développé à la suite du non-respect de la législation du travail et des normes environnementales et de sécurité par des entrepreneurs chinois – a été instrumentalisé par l’opposition politique lors des présidentielles de 2006. »[26]

 

2.7. Impacts environnementaux

En plus des impacts sociaux qui sont peu reluisants, les impacts sur l’environnement ne le sont pas davantage. Il y a peu d’exigences au niveau des normes et des lois environnementales. Cette pensée peut mener à des abus qui nuisent au développement de l’Afrique. Cela est probablement dû à des investissements qui ne se situent que dans des domaines sensibles écologiquement.[27] Certaines ressources sont carrément pillées, il n’y a pas de régénération des ressources naturelles, comme pour les forêts, la pêche, l’extraction du combustible fossile, etc. Les chinois se rendent dans des endroits jusqu’alors non exploités par les paysans africains. Par exemple, ils se rendent de plus en plus loin, et même dans des parcs nationaux qui souffrent d’une mauvaise gouvernance. De plus, lors de leurs départs, les chinois n’ont pas tendance à remettre les chantiers comme ils étaient avant.

Il y a toutefois de bons coups. Au Gabon, par exemple, l’entreprise Sinopec a commencé à chercher du pétrole dans le parc Loango, mais le service des parcs nationaux gabonais a fait arrêter la prospection en 2006 car cela menaçait des espèces végétales et animales.[28]

 

3. Synthèse

Les chinois construisent des hôpitaux, des routes et infrastructures sur le continent. Certes cela comble le manque crucial de matériel et de moyens en Afrique et facilite le transport et les communications. Mais l’édification de ces nouvelles infrastructures ne démontre-t-elle pas la soif de pouvoir des chinois, comme en témoignent leurs éparpillements sur le territoire africain? Il faut aussi se demander si les infrastructures sont de bonne qualité. Les chinois prennent-ils en compte dans la conception de ces infrastructures les milles et uns contrastes du continent ? La constitution géologique du sous-sol? Le climat rigoureux? Ont-ils prévu une formation adéquate quant à la préservation et la réparation des édifices? Tant de questions dont les réponses restent à venir.

La Chine apporte le matériel nécessaire à la vie quotidienne africaine comme des cellulaires, du tissu, des ventilateurs, etc. Or, cela créé en Afrique une dépendance directe à celle-ci car elle est la seule à leur offrir des produits modernes peu dispendieux. De plus, la dépendance s’étend au fait que les produits sont de piètre qualité et qu’ils doivent être renouvelés souvent, ce qui permet à la Chine d’écouler sa marchandise qui ne passe plus à l’international. Il ne faut pas croire que les africains sont niais et qu’ils croient que la marchandise est de qualité et durable : « Les chaussures sont moins chères, mais ça dure pas, mais c’est pas grave, on n’a pas le choix. »[29]

Les relations sino-africaines entraînent des relations diplomatiques et militaires entre les africains et les chinois. À première vue, cela ressemble à un partenariat Sud/Sud mais comme nous l’avons démontré, il y a une forme de domination insidieuse qui s’apparente plus au néocolonialisme qu’à une réelle coopération.

De plus, il y a un sentiment de prestige et d’importance pour les chefs d’Etats africains qui sont souvent ignorés des occidentaux. On note une multiplication des marques de respect, ce qui n’est pas sans leur déplaire. Le forum sino-africain en est un des plus grands exemples, celui-ci s’apparente fortement à un instrument servant à amadouer les chefs d’Etats notamment par de grandes cérémonies, par un sentiment d’égalité et d’importance. Il y aussi le fait que le soft-power chinois n’est pas coercitif comme pouvait l’être la relation Occident/Afrique.

Il y a aussi l’argument du sentiment d’autonomie des africains face aux occidentaux qui les ont trop longtemps opprimés. En apparence, cela peut sembler être une bonne chose pour les africains mais comme nous l’avons constaté, l’autonomie n’est qu’illusion car il y a bel et bien une dépendance sauf que cette dépendance a changé de visage. D’ailleurs, le fait que nous ne parlions que de ce phénomène avec les termes suivants : sino-africain, la Chineafrique, la coopération Chine-Afrique, etc. démontre clairement que l’Afrique suit la Chine…

Ensuite, nous avons parlé d’échanges culturels entre la culture africaine et chinoise. Comme nous le savons, la mixité culturelle peut être très enrichissante et valorisante mais la situation entre la Chine et l’Afrique n’est pas toujours réciproque. En effet, comme nous l’avons vu précédemment, les africains en général s’intègrent assez bien à la culture chinoise, notamment grâce aux multiples mesures du gouvernement chinois. À l’inverse, comme nous l’ont démontré plusieurs documents et articles, les chinois s’intègrent rarement dans une communauté autre que la leur, ils vivent en groupe homogène, pratiquement en «ghetto culturel», ce qui n’aide pas aux échanges culturels. À noter qu’il y a tout de même des exceptions de chinois qui ont un réel désir de s’intégrer et qui prennent en compte les conseils des locaux.

Vient ensuite l’argument qu’il y a des échanges commerciaux et économiques gratifiants pour les deux côtés. À court terme, l’Afrique bénéficie de nombreuses infrastructures, d’un « partenaire » puissant à l’international, d’un allié pour les décisions prises à l’ONU, un sentiment d’égalité et d’équité, etc. Par contre, à plus long terme, il est important de nous pencher sur la question : Qui est réellement gagnant dans cet échange? Ceux qui ont des infrastructures, du matériel bas de gamme et des emplois précaires ou bien, ceux qui s’assurent un bassin incroyable de ressources naturelles? La question se pose…

La Chine en Afrique nous porte à croire que cette relation donne accès à des formations de qualité et à une forte création d’emplois. Oui, les formations sont de qualité, elles permettent à plusieurs africains d’aller étudier dans des universités chinoises, de découvrir le monde et de mettre certaines choses en perspective. De plus, cela apporte de multiples emplois dans plusieurs secteurs de plusieurs pays où le taux de chômage est assez haut. Une fois les africains ayant acquis une expertise, ils peuvent en faire bénéficier leur pays. Bien que les formations soient de qualité lorsque que les africains se rendent en Chine, celle-ci n’est pas dénuée d’intérêts; les formations ne sont pas neutres.

L’Afrique, dans un contexte économique international qui n’est pas très reluisant, ne peut pratiquement pas refuser « l’aide » de la Chine car, comme le confie un conseiller du ministre béninois de l’industrie, « Personne en Afrique ne refusera la main tendue de la Chine, quels que soient les intérêts qu’elle sert et les conditions imposées… Il y a bien trop d’argent en jeu et les investisseurs sont encore rares ». Un constat d’autant plus pertinent qu’européens et américains, touchés par la crise, se replient. [30]

 

Conclusion

En conclusion, la Chine en Afrique est un sujet d’actualité plus qu’important car les impacts touchent non seulement le continent africain mais concernent aussi la modification de l’ordre mondial actuel. Croire que la situation est positive ou négative demeure une vision trop simpliste et limitée de la chose. Les impacts positifs actuels, comme nous l’avons démontré, sont bel et bien existants mais il est important de se demander s’ils le demeureront à long terme. Les impacts négatifs, d’un point de vu occidental, bien qu’ils apparaissent de manière subtile pour le moment, risquent d’être assez évidents dans les années à venir. Notamment au niveau environnemental, en ce qui a trait à la qualité et la quantité des ressources naturelles africaines. Par contre, nous serions bien hypocrites de juger et de s’indigner devant la situation car nous n’avons pas vraiment de leçons à donner à qui que ce soit. Nous pouvons tout de même, par expérience et connaissances scientifiques, appréhender ce que nous laisse entrevoir la situation actuelle. Il ne faut surtout pas sombrer dans l’alarmisme car le pourcentage d’échanges sino-africains reste encore marginal pour certaines ressources bien que pour d’autres comme le pétrole, les chiffres sont plus impressionnants.

Alors, la Chine en Afrique s’inscrit-elle dans une coopération Sud/Sud ou une forme de néocolonialisme ? Les deux hypothèses correspondent chacune à une part de la réalité, tout dépend de notre vision et du laps de temps que nous prenons en compte : «Bien plus que le choix entre deux modèles, il importe surtout à l’Afrique de se choisir sa propre voie de développement en fonction de ses propres besoins et de ses propres perspectives d’avenir. « Indéniablement, explique Kwessi Kwaa Prah, la Chine se rapproche de l’Afrique dans la perspective de satisfaire ses propres intérêts – ou du moins ce qu’elle considère comme relevant de son intérêt – et ces intérêts ne recoupent pas nécessairement ceux de l’Afrique. Il y a là quelque chose que les Africains doivent bien avoir à l’esprit. Il ne sert à rien de pointer du doigt tantôt l’Ouest, tantôt la Chine. Ce que les Africains doivent faire c’est construire eux-mêmes leur histoire, et y prendre part du mieux qu’ils peuvent et dans leurs propres intérêts »[31]

chineaf

 

[1]Définitions tirées du dictionnaire de politique en ligne http://www.toupie.org

[2]Laurent Delcour « La Chine en Afrique : enjeux et perspectives », consulté en ligne le 23.03.14 sur http://www.cetri.be

[3]Selon Montesquieu, les échanges commerciaux favorisent la paix et la coopération entre les pays.

[4]Jean-Pierre Cabestan « Les relations Chine-Afrique : nouvelles responsabilités et nouveaux défis d’une puissance mondiale en devenir », Hérodote.

[5]Anthony Yaw Baah et Herbert Jauch, « Investissements chinois en Afrique : conditions de travail et relations professionnelles », Alternatives Sud.

[6]Emmanuel Lincot, « Toutes ces discrètes stratégies que la Chine déploie pour devenir une super puissance », consulté le 22.02 sur http://www.atlantico.fr

[7]Vitraulle Mboungou, « La Chine : une destination de plus en plus attractive pour les africains », consulté le 24.03 sur http://www.afriqueexpension.com

[8]Elodie Logne, « D’un eldorado à un autre, quand la diaspora africaine qualifiée « rentre au pays », consulté le 24.03 sur http://www.nextafrique.com

[9]Anthony Yaw Baah et Herbert Jauch, « Investissements chinois en Afrique : conditions de travail et relations professionnelles », Alternatives Sud.

[10]Laurence Girard, « A Bordeaux, chaque mois, un chinois rachète un château ou un négociant », Le Monde.

[11]Points de vue du sud, « La Chine en Afrique, menace ou opportunité pour le développement ?

[12]GENDARME, René (1970) « Du colonialisme au néo-colonialisme », Le monde diplomatique [en ligne] URL:http://www.monde-diplomatique.fr/1970/12/GENDARME/29968, Page consulté le 16-03-14

[13]LAROUSSE, « Néocolonialisme », Dictionnaire de Français, [en ligne] URL: http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/n%C3%A9ocolonialisme/54151, Page consulté le 20-03-14

[14]Partenaire libre Afrique (2013) « Les Africains doivent-ils mettre leur destin entre les mains des Chinois? » Afrik.com, [en ligne] URL: http://www.afrik.com/les-africains-doivent-ils-mettre-leur-destin-entre-les-mains-des-chinois, Page consulté le 20-03-14

[15]VALADE, Natalie (2006) « Les besoins pétroliers de la Chine: enjeux géostratégiques et économiques », Centre d’études des politiques étrangères et de sécurité, Points de mire, VOL.7, no.5, [en ligne] URL: http://www.ieim.uqam.ca/IMG/pdf/Valadefinal.pdf, Pages consultés le 16-03-14

[16]IDEM

[17]KHABOU, Ben (2009) « Pourquoi la Chine s’intéresse t-elle tant à l’Afrique? », Agora Vox, le média moyen, [en ligne] URL: http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/pourquoi-la-chine-s-interesse-t-55688, Page consulté le 16-03-14

[18]Enquête exclusive (2011) «  Français contre chinois,  main basse sur l’Afrique » [en ligne] URL: http://www.youtube.com/watch?v=kjHPyxNxsQE , Vidéo consulté le 22-03-14

[19]MONOD, Fabrice (2012) « La Chine s’installe en Afrique », Reportage complet [en ligne] URL: http://www.youtube.com/watch?v=93rrelyJvQE, Vidéo consulté le 21-03-14

[20]ARNAUD, Clara (2012), « Dossier Chine-Afrique: entre mythes et réalités », Diplomatie économique, Jeune Afrique [en ligne] URL: http://economie.jeuneafrique.com/dossiers-2/472-chine-afrique—entre-mythes-et-realites/12260-dossier-chine-afrique-entre-mythes-et-realites.html, Page consulté le 20-03-14

[21]KERNEN Antoine et VULLIET Benoît, « Petits commerçants et entrepreneurs chinois au Mali et au Sénégal », Afrique contemporaine, 2008/4 n° 228, p. 69-94. DOI : 10.3917/afco.228.0069 [en ligne] URL: http://www.cairn.info/revue-afrique-contemporaine-2008-4-page-69.htm, Pages consultés le 20-03-14

[22]Enquête exclusive (2011) « Français contre chinois,  main basse sur l’Afrique » [en ligne] URL: http://www.youtube.com/watch?v=kjHPyxNxsQE , Vidéo consulté le 22-03-14

[23]MONOD, Fabrice (2012) <<La Chine s’installe en Afrique>>, Reportage complet [en ligne] URL: http://www.youtube.com/watch?v=93rrelyJvQE, Vidéo consulté le 21-03-14

[24]KERNEN Antoine et VULLIET Benoît, « Petits commerçants et entrepreneurs chinois au Mali et au Sénégal »,

Afrique contemporaine, 2008/4 n° 228, p. 69-94. DOI : 10.3917/afco.228.0069 [en ligne] URL: http://www.cairn.info/revue-afrique-contemporaine-2008-4-page-69.htm, Pages consultés le 20-03-14

[25]IDEM

[26]HELLENDORFF, Bruno, (2010) « La Chine en Afrique: survol des enjeux », Groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité, Note d’analyse, Bruxelles, [en ligne] URL: http/::www.grip.org:fr:siteweb:images:NOTES_ANALYSE:2010:NA_2010-12-13_FR_B-HELLENDORFF.pdf, Pages consultés le 21-03-14

[27] CHAPONNIÈRE Jean-Raphaël, « L’aide chinoise à l’Afrique : origines, modalités et enjeux », L’Économie politique, 2008/2 n°38, p. 7-28. DOI : 10.3917/leco.038.0007, [en ligne] URL: http://www.cairn.info/revue-l-economie-politique-2008-2-page-7.htm, Pages consultés le 22-03-14

[28]BOSSHARD, Peter, (2011) « Empreinte écologique de la Chine en Afrique », Alternatives Sud, Vol 18-2011/85,

[en ligne], Pages consultées le 21-03-14

[29]MONOD, Fabrice (2012) « La Chine s’installe en Afrique », Reportage complet [en ligne] URL: http://www.youtube.com/watch?v=93rrelyJvQE, Vidéo consulté le 21-03-14

[30]ARNAUD, Clara (2012), « Dossier Chine-Afrique: entre mythes et réalités », Diplomatie économique, Jeune Afrique [en ligne] URL: http://economie.jeuneafrique.com/dossiers-2/472-chine-afrique—entre-mythes-et-realites/12260-dossier-chine-afrique-entre-mythes-et-realites.html, Page consulté le 20-03-14

[31]CETRI (2011) La Chine en Afrique : enjeux et perspectives. [En ligne] http://www.cetri.be/spip.php?article2217&lang=fr

 

Médiagraphie

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YAW BAAH Anthony & JAUCH Herbert (2012), « Investissements chinois en Afrique : conditions de travail et relations professionnelles », Alternatives Sud 

 

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